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Numérotation des immeubles

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pierre115
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Numérotation des immeubles

Message par pierre115 » 22 oct. 2020, 09:27

PETITE HISTOIRE DU NUMÉROTAGE DES RUES

Ce petit numéro qui orne l'entrée de nos maisons ou immeubles, ce petit numéro si utile à tous et pour tous, ce petit numéro sans lequel nous serions souvent "perdus", ce petit numéro n'a pas deux cents ans d'existence. C'est un décret de Napoléon qui l'a "inventé", le 15 pluviôse an XIII (4 février 1805), à la suite d'un rapport de son ministre de l'intérieur, Monsieur Champagny.
Comment faisaient nos ancêtres ? Ils se "débrouillaient"... Ils se servaient de points de repères : les rues portaient déjà un nom. Dans ces rues les commerçants et artisans avaient leurs enseignes qui étaient "parlantes", c'est à dire qu'elles indiquaient, par une image, la spécialité des ces commerçants ou artisans. Elles portaient, bien souvent, une devise parfois pittoresque, amusante ou un rébus. Quelques-unes ont même donné leur nom à des rues ou places de Paris - carrefour de la croix rouge, place des deux écus, rue de la harpe, du dragon, etc.
Avant 1805 il y a eut quelques essais de numérotage, sous Louis XV, dans certains quartiers de Paris. Les numéros pairs et impairs se suivaient sur le même coté de la rue et se poursuivaient, en retour, de l'autre coté, ce qui avait la particularité de faire figurer face à face le premier et le dernier numéro de la rue. Autre particularité : si la rue était coupée par une ruelle en cul de sac, le numérotage continuait dans cette impasse avant de revenir dans la voie principale. Ces essais n'ont duré qu'un temps, car nobles et bourgeois ne pouvaient admettre que leur demeure puisse porter un numéro, comme celle des gens du peuple. Ils s'empressèrent de faire graver leur nom, en lettres d'or, sur une plaque de marbre scellée près de leur entrée. Sous Louis XVI, des essais plus importants ont été tentés, avec la même difficulté. Un « faquin », ayant apposé un numéro - il appliquait un ordre - sur l'immeuble d'un procureur général du parlement de Paris, fut emprisonné à la requête de celui-ci.
C'est l'assemblée législative qui, en 1792, la première fois, décida le numérotage obligatoire de toutes les maisons de Paris, effectué par sections (Il y en avait quarante huit). Certaines rues s'étendaient sur plusieurs sections. Les numéros, pairs et impairs se suivaient et repartaient à un à chaque changement de section. Les mêmes numéros pouvaient se retrouver plusieurs fois dans une même rue (jusqu'à quatre fois), ce qui n'était guère pratique !
C'est le décret napoléonien qui apportât une nouvelle et très précise réglementation, étendue à toute la France par l'ordonnance de Charles X du 25 avril 1823.
Réglementation ingénieuse et originale : il faut tout d'abord distinguer les rues parallèles des rues perpendiculaires à la Seine. Pour les rues parallèles, le sens du courant indique le début du numérotage, les numéros pairs à droite, les numéros impairs à gauche, avec des chiffres noirs sur fond jaune ; pour les perpendiculaires, même principe, mais en partant du fleuve, et les chiffres sont rouges sur fond bleu.
Cette réglementation est toujours en vigueur. Les chiffres ont changé de couleur. En 1838, Le préfet de la Seine, M. Rambuteau, décida que ceux-ci seraient obligatoirement blancs sur fond bleu.
Toutes les villes de France qui ont un fleuve, une rivière ou autre cours d'eau, y compris un canal voire un point d'eau (puits communal), adoptèrent la même méthode. Les complications sont venues des villes qui n'ont pas de "point d'eau". Les archives du ministère de l'intérieur font état de demandes angoissées de maires, que l'on pourrait résumer par : " Que dois-je faire, ciel, que dois-je faire ? " L'ordonnance de Charles X ne prévoit pas le cas. Alors l'Administration suggéra d'adopter le numérotage d'est en ouest, ce qui montrait qu'elle n'oubliait pas la Seine et la direction générale de sa course vers la mer…
Pierre Lajaunie

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